Réparations
Sélection documentaire cette semaine à la BU Schœlcher
Chaque semaine, la BU du campus de Schœlcher vous propose une sélection de livres, revues, BD, DVD... à lire et à emprunter à l'espace Découverte dans le hall de la BU.
Cette semaine, découvrez " Réparations ".
Presque 200 ans après l'abolition de l'esclavage, presque partout les esclavagistes ont été indemnisés de la perte de leur capital humain. Ni Les victimes du système esclavagiste ni leurs descendants n'ont rien touché pour les heures de travail contraint et les tortures subies. Pourtant les demandes de réparations ont eu lieu dès les premiers affranchissements et malgré la répression des anciennes puissances coloniales et esclavagistes qui n'a pas cessé jusqu'à nos jours.
Les BU vous proposent ces titres, parmi beaucoup d’autres, avec un lien vers le livre sur le catalogue de la BU qui vous permettra de localiser ces références dans nos rayonnages.
- Lexique des réparations de l'esclavage / sous la direction de Magali Besson & Myriam Cottias avec Antonio de Almeida Mendes, Jessica Balguy, Audrey Célestine et al.
Dictionnaire thématique transdisciplinaire (droit, économie, histoire, philosophie, sciences politiques) apportant une clarification du vocabulaire employé dans le cadre des réflexions sur les réparations de l'esclavage, d'abolition à responsabilité en passant par dignité, droits, indemnités, justice, mémoire ou encore race.
- Réparations : combats pour la mémoire de l'esclavage, XVIIIe-XXIe siècle / Ana Lucia Araujo ; traduit de l'anglais par Souad Degachi et Maxime Shelledy
L'esclavage et la traite atlantique des esclaves comptent parmi les crimes contre l'humanité les plus odieux commis à l'ère moderne. Plus de 12,5 millions d'êtres humains ont été déportés d'Afrique pour nourrir le commerce du sucre, du tabac, de l'indigo, du coton ou du café, et beaucoup ont péri sur les côtes africaines ou pendant le voyage. Lorsque l'esclavage a été aboli, il avait marqué au fer rouge les corps et les sociétés, mais, à ce jour, aucune réparation n'a été versée aux anciens esclaves ou à leurs descendants. Les pays européens n'ont jamais indemnisé leurs anciennes colonies des Amériques, dont la richesse reposait sur le travail des esclaves. De même, aucune nation africaine n'a jamais obtenu la moindre forme de réparation pour la traite atlantique des esclaves. Pourtant, des demandes de réparations n'ont eu de cesse d'être formulées depuis le XVIIIe siècle dans des pétitions, des correspondances, des pamphlets, des discours publics, des récits d'esclaves et des plaintes judiciaires... C'est cette histoire longue et difficile que retrace Ana Lucia Araujo. S'appuyant sur les voix de divers peuples qui se sont identifiés et s'identifient encore comme des victimes de la traite atlantique, ce livre met en lumière les multiples dimensions des demandes de réparations en Europe et aux Amériques.
- Couleurs, esclavages, libérations coloniales, 1804-1860 : réorientation des empires, nouvelles colonisations, Amérique, Europe, Afrique / sous la direction de Claire Bourhis-Mariotti, Marcel Dorigny, Bernard Gainot et al.
Une analyse des mutations du système colonial européen après les guerres d'indépendance américaines. Touchant l'ensemble du monde atlantique, cette nouvelle orientation coloniale implique, principalement dans un souci d'efficacité économique, l'abolition de l'esclavage et l'intégration d'établissements agricoles et commerciaux.
- Après l'abolition : les fantômes noirs de l'esclavage / Kris Manjapra ; traduit de l'anglais par Gabriel Boniecki
L'historien examine la manière dont les Noirs ont été dépossédés de leur histoire par les mouvements mêmes qui étaient censés les libérer tandis que leurs anciens maîtres étaient dédommagés financièrement. L'émancipation, qui ne s'est pas accompagnée d'une justice réparatrice, a de plus renforcé le système de classes existant au lieu de l'effacer et engendré la violence raciale contre les Noirs. 9782080413437
- Calcul et morale : coûts de l'esclavage et valeur de l'émancipation (XVIIIe-XIXe siècle) / Caroline Oudin-Bastide, Philippe Steiner
L'objet de l'étude cherche à comprendre la place du débat suscité par l'opposition à l'esclavage dans une histoire de la réflexion intellectuelle et politique.
- Les ports négriers face à leur histoire : politiques de la mémoire à Nantes, Bordeaux et Liverpool / Renaud Hourcade ; préface de Christian Le Bart
Version remaniée d'une thèse en sciences politiques qui propose une analyse comparée des politiques publiques relatives à la mémoire historique de l'esclavage dans trois anciens ports négriers : Nantes, Bordeaux et Liverpool. Comment ces villes, confrontées à un lourd passé négrier, tentent-elles de restaurer leur image par l'action publique ?
- Le procès en réparation de l'esclavagisation des africain.e.s: Les plaidoiries des avocats du M.I.R / Mouvement International pour les réparations, représenté par Garcin Malsa ; Solbiac, Rodolphe
Depuis 2005, le M.I.R. (Mouvement International pour les Réparations de Martinique) et plusieurs autres organisations et personnes de la diaspora africaine poursuivent en justice l'Etat français pour réclamer réparation des trois crimes contre l'humanité commis avec la Traite transatlantique d'Africain.e.s : déportation d'adultes, d'enfants et mise en esclavage des personnes déportées. Cet ouvrage rassemble l'essentiel des plaidoiries données par les avocats du M.I.R. lors du procès des 11 et 12 octobre 2021, devant la Cour d'appel de Fort-de-France. Cette juridiction examinait l'appel du jugement du 4 avril 2017, interjeté par le M.I.R. Cette décision avait rejeté les demandes de réparation présentées dans le cadre de la deuxième procédure intentée en 2015. Si les juridictions françaises ont débouté ces organisations, ces plaidoiries invalident les motifs invoqués pour rejeter leur demande de réparation. Elles montrent que ces procédures ont abouti à la reconnaissance juridique d'un droit à réparations des personnes d'ascendance africaine.
- Paths of the Atlantic slave trade : interactions, identities, and images / edited by Ana Lucia Araujo
New England merchants and the circum-Caribbean slave trade / Jennifer L. Anderson Accounting for "wharfage, porterage, and pilferage" : maritime slaves and resistance in Charleston, South Carolina / Craig T. Martin "An act of deportation" : the Jamaican Maroons' journey from freedom to slavery and back again, 1796-1836 / Jeffrey A. Fortin New Africans in the postslavery French West Indies and Guiana, 1854-1889 : close encounters? / Céline Flory "The ship of slavery" : Atlantic slave trade suppression, liberated Africans, and Black abolition politics in antebellum New York / Sharla M. Fett Common bedfellows?
Les marchands de la Nouvelle-Angleterre et la traite négrière dans la région des Caraïbes / Jennifer L. Anderson. Rendre compte des « frais de quai, de portage et de chapardage » : les esclaves maritimes et la résistance à Charleston, en Caroline du Sud / Craig T. Martin « Un acte d’expulsion » : le parcours des Marrons jamaïcains de la liberté à l’esclavage et vice-versa, 1796-1836 / Jeffrey A. Fortin Les nouveaux Africains dans les Antilles françaises et en Guyane après l’esclavage, 1854-1889 : des rencontres étroites ?
- Politics of memory : making slavery visible in the public space / edited by Ana Lucia Araujo
The public memory of slavery and the Atlantic slave trade, which some years ago could be observed especially in North America, has slowly emerged into a transnational phenomenon now encompassing Europe, Africa, and Latin America, and even Asia – allowing the populations of African descent, organized groups, governments, non-governmental organizations and societies in these different regions to individually and collectively update and reconstruct the slave past. =
La mémoire collective de l'esclavage et de la traite transatlantique, qui, il y a quelques années encore, était surtout présente en Amérique du Nord, s'est progressivement transformée en un phénomène transnational qui englobe désormais l'Europe, l'Afrique et l'Amérique latine, voire l'Asie – permettant ainsi aux populations d'origine africaine, aux groupes organisés, aux gouvernements, aux organisations non gouvernementales et aux sociétés de ces différentes régions de revisiter et de reconstruire, tant individuellement que collectivement, le passé de l'esclavage.
- How Britain underdeveloped the Caribbean : a reparation response to Europe's legacy of plunder and poverty / Hilary McD. Beckles
“The modern Caribbean economy was invented, structured and managed by European states for one purpose: to achieve maximum wealth extraction to fuel and sustain their national financial, commercial and industrial transformation.” So begins How Britain Underdeveloped the Caribbean : A Reparation Response to Europe’s Legacy of Plunder and Poverty as Hilary McD. Beckles continues the groundbreaking work he began in Britain’s Black Debt: Reparations for Caribbean Slavery and Native Genocide. We are now in a time of global reckoning for centuries of crimes against humanity perpetrated by European colonial powers as they built their empires with the wealth extracted from the territories they occupied and exploited with enslaved and, later, indentured labour…. =
L’économie moderne des Caraïbes a été inventée, structurée et gérée par les États européens dans un seul but : extraire un maximum de richesses afin d’alimenter et de soutenir leur transformation financière, commerciale et industrielle nationale. » C’est ainsi que commence *How Britain Underdeveloped the Caribbean : A Reparation Response to Europe’s Legacy of Plunder and Poverty* (Comment la Grande-Bretagne a sous-développé les Caraïbes : une réponse en matière de réparations à l’héritage européen de pillage et de pauvreté), dans lequel Hilary McD. Beckles poursuit le travail novateur qu’il avait entamé dans *Britain’s Black Debt: Reparations for Caribbean Slavery and Native Genocide* (La dette noire de la Grande-Bretagne : réparations pour l’esclavage dans les Caraïbes et le génocide des peuples autochtones). Nous vivons aujourd’hui une période de remise en question mondiale face aux siècles de crimes contre l’humanité perpétrés par les puissances coloniales européennes, qui ont bâti leurs empires grâce aux richesses extraites des territoires qu’elles occupaient et exploitaient à l’aide d’esclaves, puis de travailleurs sous contrat…
In this classic analysis and refutation of Eric Williams's 1944 thesis, Seymour Drescher argues that Britain's abolition of the slave trade in 1807 resulted not from the diminishing value of slavery for Great Britain but instead from the British public's mobilization against the slave trade, which forced London to commit what Drescher terms "econocide." This action, he argues, was detrimental to Britain's economic interests at a time when British slavery was actually at the height of its potential.Originally published in 1977, Drescher's work was instrumental in undermining the economic determinist interpretation of abolitionism that had dominated historical discourse for decades following World War II. For this second edition, which includes a foreword by David Brion Davis, Drescher has written a new preface, reflecting on the historiography of the British slave trade since this book's original publication. =
Dans cette analyse et réfutation classique de la thèse d'Eric Williams de 1944, Seymour Drescher soutient que l'abolition de la traite négrière par la Grande-Bretagne en 1807 ne résultait pas d'une perte de valeur de l'esclavage pour la Grande-Bretagne, mais plutôt de la mobilisation de l'opinion publique britannique contre la traite négrière, qui a contraint Londres à commettre ce que Drescher qualifie d'« éconocide ». Cette mesure, affirme-t-il, a nui aux intérêts économiques de la Grande-Bretagne à un moment où l'esclavage britannique était en réalité à l'apogée de son potentiel. Publié à l'origine en 1977, l'ouvrage de Drescher a contribué à ébranler l'interprétation économiste de l'abolitionnisme qui avait dominé le discours historique pendant des décennies après la Seconde Guerre mondiale. Pour cette deuxième édition, qui comprend une préface de David Brion Davis, Drescher a rédigé une nouvelle introduction, dans laquelle il revient sur l’historiographie de la traite négrière britannique depuis la publication initiale de cet ouvrage.
- The price of emancipation : slave-ownership, compensation and British society at the end of slavery / Nicholas Draper
When colonial slavery was abolished in 1833 the British government paid £20 million to slave-owners as compensation : the enslaved received nothing. Drawing on the records of the Commissioners of Slave Compensation, which represent a complete census of slave-ownership, this book provides a comprehensive analysis of the extent and importance of absentee slave-ownership and its impact on British society. Moving away from the historiographical tradition of isolated case studies, it reveals the extent of slave-ownership among metropolitan elites, and identifies concentrations of both rentier and mercantile slave-holders, tracing their influence in local and national politics, in business and in institutions such as the Church. In analysing this permeation of British society by slave-owners and their success in securing compensation from the state, the book challenges conventional narratives of abolitionist Britain and provides a fresh perspective of British society and politics on the eve of the Victorian era.=
Lorsque l'esclavage colonial fut aboli en 1833, le gouvernement britannique versa 20 millions de livres sterling aux propriétaires d'esclaves à titre d'indemnisation : les esclaves, quant à eux, ne reçurent rien. S'appuyant sur les archives des Commissaires à l'indemnisation des esclaves, qui constituent un recensement exhaustif de la propriété d'esclaves, cet ouvrage propose une analyse approfondie de l'ampleur et de l'importance de la propriété d'esclaves par des propriétaires absents, ainsi que de son impact sur la société britannique. S'éloignant de la tradition historiographique des études de cas isolées, il révèle l'ampleur de la propriété d'esclaves parmi les élites métropolitaines et identifie les concentrations de propriétaires d'esclaves rentiers et marchands, retraçant leur influence dans la politique locale et nationale, dans les affaires et dans des institutions telles que l'Église. En analysant cette imprégnation de la société britannique par les propriétaires d’esclaves et leur succès dans l’obtention d’une indemnisation de la part de l’État, cet ouvrage remet en question les récits conventionnels sur la Grande-Bretagne abolitionniste et offre une nouvelle perspective sur la société et la politique britanniques à l’aube de l’ère victorienne.
- Britain's black debt : reparations for Caribbean slavery and native genocide / Hilary McD. Beckles
Since the mid-nineteenth-century abolition of slavery, the call for reparations for the crime of African enslavement and native genocide has been growing. In the Caribbean, grassroots and official voices now constitute a regional reparations movement. While it remains a fractured, contentious and divisive call, it generates considerable public interest, especially within sections of the community that are concerned with issues of social justice, equity, civil and human rights, education, and cultural identity. The reparations discourse has been shaped by the voices from these fields as they seek to build a future upon the settlement of historical crimes. This is the first scholarly work that looks comprehensively at the reparations discussion in the Caribbean. =
Depuis l'abolition de l'esclavage au milieu du XIXe siècle, les appels à des réparations pour le crime de l'esclavage des Africains et le génocide des peuples autochtones n'ont cessé de se multiplier. Dans les Caraïbes, les voix issues de la base et celles des autorités constituent désormais un mouvement régional en faveur des réparations. Bien qu'il s'agisse d'une revendication encore fragmentée, controversée et source de divisions, elle suscite un intérêt public considérable, en particulier au sein des segments de la population préoccupés par les questions de justice sociale, d'équité, de droits civils et humains, d'éducation et d'identité culturelle. Le discours sur les réparations a été façonné par les voix issues de ces domaines, qui cherchent à construire un avenir fondé sur la réparation des crimes historiques. Il s'agit du premier ouvrage universitaire qui examine de manière exhaustive le débat sur les réparations dans les Caraïbes.
- White debt : the Demerara uprising and Britain's legacy of slavery / Thomas Harding
When Thomas Harding discovered that his family had profited from slavery, he set out to interrogate the choices of his ancestors and Britain's role in this terrible history. His investigation took him to Demerara (now Guyana), the site of an uprising by enslaved people in 1823, the largest in the British Empire and a key trigger in the abolition of slavery. Charting the dramatic build-up to this landmark event through the eyes of four people - an enslaved man, a missionary, a colonist, and a slaveholder - Harding lays bare the true impact of years of unimaginable cruelty and incredible courage and asks how those who benefitted from slavery can take responsibility for the White Debt.
Lorsque Thomas Harding a découvert que sa famille avait tiré profit de l'esclavage, il a entrepris de remettre en question les choix de ses ancêtres et le rôle de la Grande-Bretagne dans cette terrible histoire. Son enquête l'a conduit à Demerara (aujourd'hui la Guyane), théâtre d'un soulèvement d'esclaves en 1823, le plus important de l'Empire britannique et un élément déclencheur majeur de l'abolition de l'esclavage. En retraçant les événements dramatiques qui ont conduit à ce moment historique à travers le regard de quatre personnes – un esclave, un missionnaire, un colon et un propriétaire d’esclaves –, Harding met à nu le véritable impact de ces années de cruauté inimaginable et de courage incroyable, et se demande comment ceux qui ont tiré profit de l’esclavage peuvent assumer la responsabilité de la « dette blanche ».