Focus sur la littérature du Brésil

Sélection documentaire cette semaine à la BU Schoelcher

Chaque semaine, la BU du campus de Schœlcher vous propose une sélection de livres, revues, BD, DVD... à lire et à emprunter à l'espace Découverte dans le hall de la BU.

Cette semaine, découvrez " La littérature du Brésil ".

La littérature du Brésil commence avec les religieux portugais arrivés pendant la période coloniale qui mêlent intérêt pour la description de la vie des autochtones qu’ils voient autour d’eux et imitations des genres et des styles européens. Le premier écrivain marquant est Joaquim Maria Machado de Assis (1839-1908) descendant d’esclave qui s’est hissé au à l’Académie brésilienne des Lettres. Au XXe siècle, la littérature se libère des conventions héritées de l’Europe pour mieux refléter la diversité du pays, avec Jorge Amado, chef de file de l’école moderniste, qui raconte Bahia, capitale africaine du Brésil, Clarice Lispector, originaire d’Ukraine et fine descriptrice des pensées et sentiments des femmes. Plus récemment, des artistes aux talents multiples comme le chanteur Chico Buarque explore de nouveaux aspects du plus grand pays d’Amérique latine.

 

Les BU vous proposent ces titres, parmi beaucoup d’autres, avec un lien vers le livre sur le catalogue de la BU qui vous permettra de localiser ces références dans nos rayonnages.

 

Un homme sur le retour, pris dans les labyrinthes de sa mémoire. Dans des passions passées qui se confondent avec un présent fait de mensonges et de trompe-l'oeil. C'est Benjamin Zambraia. Collé le dos au mur. Douze balles dans la peau. Pourquoi ? Comment ? Dans quelle galère s'est embarqué cet ex-mannequin ? Pourquoi au-delà de l'apparence, de l'existence lisse, dans les méandres de la vie, et de la ville, la violence est-elle toujours là ? Les pouvoirs de l'ombre, maffieux ou militaires, sont aussi dangereux que les jeux de l'imaginaire. Benjamin en fait l'expérience. Après Embrouille, Chico Buarque, avec Court-circuit, poursuit son chemin dans un monde où le désir de fuir et d'échapper au réel se heurte constamment au quotidien. Les pièges sont invisibles mais ils sont là, à chaque coin de rue. On y tombe. Et on meurt.

 

Vienne d'Autriche existe. À Rio de Janeiro. Dans l'esprit troublé d'un Brésilien, assassin supposé, alcoolié et chômeur. Caché au fond d'un taxi, il assiste aux quotidiennes guerres civiles entre les bidonvilles et les bâtons de l'ordre. Heureusement il y a Mozart et la Messe en ut majeur. Il voudrait bien dormir. Mais il va devoir répondre aux interrogatoires de la police et de sa femme. Parler aux enfants. Chercher du travail, ou aller en taule. Il ne sait plus. À la frontière entre la peur du geste accompli et la séduction de la fuite dans le rêve et l'oubli, défilent dans sa tête des labyrinthes de souvenirs : toutes les musiques, toutes les images, toutes les phrases tracées par la vie. Des vies dans le miroir déformant du rétroviseur d'un taxi, symbole de la délivrance dans un univers d'angoisse. Alors ? Rendez-vous en Enfer ? Non, dans l'imaginaire de Vienne d'Autriche, dans la réalité de Rio de Janeiro.

 

Dans les années 60, dans une petite ville de la province brésilienne du Minas Gerais, un petit garçon découvre le monde des adultes. Une évocation de l'ambiance de ce Brésil du secret et de la répression névrotique qu'est le Minas Gerais, province de l'or, des poètes et des folies.

 

 

En 1879 naissent à Rio de Janeiro deux jumeaux, Paulo et Pedro qui, déjà dans le ventre de leur mère, puis tout au long de leur vie, se querellent et se haïssent. La femme dont ils sont tous les deux amoureux, incapable de choisir, en mourra.

 

 

La Passion selon G.H. est un classique incontournable de la littérature brésilienne contemporaine, dont l'intrigue repose sur quelques éléments à peine : un évènement apparemment banal fait irruption dans le cours habituel des jours et provoque un séisme intérieur foudroyant. G.H., une artiste vivant à Copacabana, quartier chic de la ville de Rio de Janeiro, pénètre pour la nettoyer dans la chambre de l'employée de maison à la suite de son départ. La pièce est impeccable mais elle y découvre dans un placard une énorme blatte qu'en vain elle tente d'écraser d'un coup de porte. Face à l'insecte agonisant, G.H. plonge dans une crise existentielle qui la mènera par strates successives jusqu'aux confins de la Création, par-delà les limbes du langage et de l'inconscient. Ce voyage immobile constitue sans doute l'une des pages les plus saisissantes de la littérature du xxe siècle. 

L’heure de l’étoile, ici c'est un homme qui est habité par une jeune fille, venue de la misère du Nord-Est brésilien, à Rio, où elle mourra. Et il est tout occupé d'elle : écrire sa vie, sa mort doit le délivrer, lui qui a échappé au sort sans futur qu'elle subit. Il l'aime, comme on aime ce qu'on a craint de devenir... S'il avoue être le personnage le plus important des sept que comporte son histoire, il ne dit rien de celui dont la présence s'impose progressivement dans ces pages : la mort qui efface le feu scintillant et fugace de "L'Heure de l'étoile", l'heure à laquelle celle qui meurt devient, pour un instant, l'étoile de sa propre vie, désormais réalisée. 

 

Quiconque s'intéresse au Brésil, à son histoire et à la structuration de sa société, connaît l'importance de la vallée du fleuve Paraïba do Sul, qui depuis l'Etat de São Paulo, s'infléchit vers le Nord-est entre Rio de Janeiro et Minas Gerais. C'est là que le café, qui a dominé l'économie du pays pendant si longtemps, a commencé à être cultivé à grande échelle, en complète dépendance de l'importation en masse de travailleurs esclaves depuis l'Afrique. Actuellement, le visiteur de passage aurait besoin qu'on le mette au courant de cette histoire, car l'enfilade de collines arrondies dénudées des arbres qui autrefois les recouvraient, ne garde aucune trace des caféiers qui les ont remplacés.

 

Dans ce roman qui mêle légende et réalité, José Sarney évoque avec talent l'atmosphère du nord-est du Brésil : les pêcheurs du Maranhão, gens rudes et simples, entourent le héros Cristório, capitaine de la mer océane. Dès l'âge de six ans, celui-ci a connu, face à la tempête, le monde des vaisseaux fantômes qui hantent les ténèbres, les ombres et les mystères de la mer, son ami Querente, un revenant surgi de l'eau, en compagnie duquel il va affronter tous les dangers. À bord de Chita Verde, son canot, Cristório passe sa vie sur l'immensité des espaces marins, eaux de Dieu et du diable... Tout se déroule dans une atmosphère de fantasmagorie lyrique qui donne au livre sa force narrative et poétique. Comme l'écrit Jorge Amado : «En passant du conte au roman, José Sarney a su maintenir le haut niveau de l'écriture, mais en ajoutant une maturité de conception et de réalisation qu'on ne trouve pas si souvent dans la production littéraire de notre pays.

 

Drummond décèle dans le quotidien le plus banal des scènes cocasses, les découvertes d'adolescents provinciaux pensionnaires dans la capitale, la complicité entre une petite fille et un vieil homme observés dans un tramway. Le réalisme limpide cède parfois le pas à l'extraordinaire dans les conversations d'autobus, ou au tragique quand un garnement persécute une folle. Drummond domine tous les registres de la nouvelle, du récit fantastique au conte philosophique en passant par une histoire de vampire avec un respectable gérant de banque qui mange les doigts des dames. L'universalité de ses nouvelles, d'une transparence magique, provient de l'enracinement dans une province repliée sur elle-même mais transfigurée par l'imaginaire. A partir de détails réalistes, la narration tisse lentement sa trame dans des registres étranges ouvrant les portes du fantastique sans pour autant s'y aventurer franchement. 

 

Fable pour éveiller une espérance Rio de Janeiro, en pleine Seconde Guerre mondiale, sous l'Estado Novo, dictature militaire qui ne cesse de chasser les communistes et de torturer les opposants politiques. Le grand poète académicien Antonio Bruno apprend que les Allemands sont entrés dans Paris. Voyant que la barbarie s'installe, il meurt de chagrin. Une place est désormais vacante à l'Académie des Lettres Brésilienne. Le colonel Agnaldo Sampaio Pereira, grand admirateur du IIIe Reich, va alors se présenter, persuadé d'être élu à l'unanimité. Mais les académiciens vont vite lui imposer un autre candidat, militaire lui aussi, mais fervent défenseur de la démocratie : le général Waldomiro Moreira. Qui du fascisme ou du libéralisme finira par triompher ? L'armée parviendra-t-elle à trouver sa place au sein du précieux monde des Lettres ?Avec un humour féroce, Jorge Amado dénonce dans La bataille du Petit Trianon la bestialité et la bêtise de l'Homme. Dans une société où les machinations et la perversité sont de mise, ne restent que la littérature et la poésie pour (ré)enchanter le monde et faire éclater sa sensualité.Né en 1912, Jorge Amado est sans conteste le plus grand maître de la littérature brésilienne. Parmi ses romans, traduits dans une quarantaine de langues, on trouve notamment Tieta d'Agreste, Les deux morts de Quinquin-La-Flotte, Cacao, ou bien encore Tereza Batista, tous parus chez Stock. Il est mort en 2001.

 

La poésie brésilienne contemporaine reste pratiquement ignorée du public français, alors qu'elle témoigne au Brésil même d'une fécondité et d'un rôle social tout à fait exceptionnels.

 

 

 

La Terre aux fruits d'or / Jorge Amado

À vrai dire, ce roman et Les terres du bout du monde, qui lui est antérieur, ne forment qu'une seule histoire : celle des terres du cacao du sud de Bahia. Dans ces deux livres, j'ai essayé de retracer avec impartialité mais non sans passion le drame de l'économie cacaoyère, la conquête de la terre par les colonels féodaux au début du siècle, puis le passage des terres entre les mains avides des exportateurs il n'y a guère. Et si le drame de la conquête féodale est épique et celui de la conquête impérialiste seulement mesquin, la faute n'en incombe pas au romancier. Joaquim dit que l'étape à venir sera pleine d'héroïsme, de beauté et de poésie, et je le crois.

 

Ce journal intime du diplomate brésilien Aires, revenu à Rio après trente années en Europe, est fait de petites touches ironiques sur le vieillissement, l'amour, l'ambiguïté des sentiments et l'abolition de l'esclavage.

 

 

Ni vivant ni mort, Leonardo a disparu. Il avait 20 ans et voulait changer le monde, une dictature impitoyable dominait le Brésil. Pour Sofia, sa petite sœur, il était un dieu. Les années ont passé et le vide ne s'est pas comblé. Le père est mort, la mère s'est enfermée dans son chagrin et Sofia, étouffée par cette absence, part à la recherche du disparu. Au cours d'une enquête, qui l'amène sur les chemins de la clandestinité révolutionnaire en lutte contre la dictature, un ami lui fait parvenir un cahier étrange. Il raconte à deux voix une forêt amazonienne à la fois magnifique et mortelle ainsi qu'une vie quotidienne éprouvante dans l'Araguaia, région d'Amazonie choisie dans les années 70 par un groupe d'étudiants utopistes pour créer une guérilla de libération des paysans. Ils étaient une soixantaine, on envoya 10 000 soldats pour les combattre. Il y eut peu de rescapés.D'où vient ce carnet, pourquoi tant de mystères sur son origine ? Qui a écrit ce récit déchirant, pourquoi deux écritures mêlées ? Qui l'a fait remettre à Sofia ? Que cache le silence de sa mère ?Avec une grande énergie dramatique, dans une langue sèche et concise, Guiomar de Grammont écrit un beau texte émouvant qui interroge le passé d'un pays qui se veut sans mémoire.

 

  • Poésie / Carlos Drummond De andrade

Carlos Drummond de Andrade, le plus sédentaire des globe-trotters de la poésie contemporaine, a parcouru, sans quitter le Brésil, des contrées tropicales où le sens surabonde en excroissances luxuriantes, des territoires polaires où l'on n'entend que la cacophonie de paroles gelées, et des pays tempérés où le vocable ne dit exactement que ce qu' il signifie. Symboliste, moderniste ou néoclassique? L'œuvre ne se laisse pas distribuer ainsi en paliers de végétation. Car souvent, de retour de ses lointains voyages, il plaisait à cet impassible ironiste de se livrer à des expériences de laboratoire, de placer en milieu tropical telles paroles gelées, ou d'observer sous climat tempéré telle flore linguistique venue de pays au sens chaud...

 

  • Depuis que la samba est samba / Paulo Lins

Rio de Janeiro, années 1920. Dans les ruelles et les bars de l'Estácio se croisent malfrats, immigrés et prostituées. C'est là aussi que s'encanaille la bohème de l'époque, ses poètes, ses musiciens et ses fils de bonne famille déchus. De ce creuset naîtra le plus brésilien des genres musicaux : la samba.. Ismael Silva sera l'un des artisans de cette révolution culturelle. Son ami Brancura, proxénète le plus redouté du quartier, rêve lui aussi d'écrire des sambas. Mais sa rivalité avec Sodré, un fils d'immigrés portugais qui a réussi, l'empêche de se consacrer entièrement à l'art. Les deux hommes aiment la même femme, Valdirène, la plus belle et la plus disputée des prostituées de l'Estácio.... Paulo Lins nous embarque dans une grande fresque au rythme syncopé, un récit historique, sensuel, spirituel et musical. Depuis que la samba est sambaest un voyage au coeur d'une ville, au coeur d'une culture..

Bonne lecture !!!