Octobre, Mois du créole

Trois rendez-vous à la BU du campus de Schoelcher

 

Octobre, Mois du créole ! Depuis 2001, pour les 19 millions de personnes créolophones à travers le monde, octobre est le mois des célébrations publiques en l’honneur des langues et cultures créoles. Petit rappel historique : c’est sous l’égide du Comité Bannzil Kréyòl, animé notamment par Jean Bernabé, que fut adopté en 1983 le principe d’une Journée Internationale du Créole, homologuée ensuite par l’UNESCO. Pour marquer la 18ème édition de cet évènement, la BU du campus de Schoelcher vous propose une programmation en trois temps, échelonnée sur le mois, chaque mardi constituant un point de repère illustrant un des aspects de la culture créole. Ainsi conte, danse, littérature, chant et musique se croiseront et se conjugueront au cours de ces différentes soirées où artistes, créateurs et chercheurs viendront partager leur passion et leur talent avec le plus grand nombre.

-Mardi 15 octobre, 18h45. Festival Contes et Musique dans la cité (Association AMI), avec les conteurs : Jala (Martinique), Boni Ofogo (Cameroun), Markus Soussoukp (Togo), Caroline Rivas (Colombie/France). Coordination artistique : Valer'Egouy. Plus d'infos sur cette autre page du site de la BU.

-Mardi 22 octobre, 18h45. Festival Le Mois Kréyol, en partenariat avec la compagnie Dife Kako. Soirée Haute-taille. Projection du documentaire Du carré au Cercle, figures d'une itinérance de création de Christian Foret (2019). Suivie d’un échange avec le public animé par David Khatile, ethnomusicologue, en présence du réalisateur. La rencontre s'achèvera par une démonstration en live du groupe de Haute-Taille du François-Perriolat.

-Mardi 29 octobre, 18h45. Café créole. Regard sur la littérature caribéenne, en partenariat avec l’AMEL (Association martiniquaise des enseignants de langues). Rencontre avec les écrivains Arlette Pujar (Vini Vann, K éditions, 2015) et Hugues Barthéléry, (auteur de la pièce de théâtre Ti Chal, K. éditions, 2018), précédée d'un propos sur la littérature caribéenne par Rodolphe Solbiac (maître de conférences, UA).  Une conclusion à ces échanges sera tirée en chants et musique par Rosetta et Kali.

 

Comme toujours, la BU proposera à ses usagers, durant ces quelques semaines, une exposition d'ouvrages relatifs au créole. Et comme l'an dernier, se mettant là aussi au diapason du calendrier, la bibliothèque offrira à ses publics une signalétique d'accueil et d'espaces libellée en créole ! Enfin, pour compléter l'accompagnement, nous vous proposons ci dessous des références d'ouvrages, d'articles, de vidéos et autres ressources thématiques.

 

Entrée libre et gratuite, venez nombreux !

 

A lire et voir

 

  • Manioc. org. - bibliothèque numérique Caraïbe-Amazonie

 

La Haute-Taille : façonner, vivre, véhiculer la tradition et être objet et acteur de constructions identitaires et de la patrimonialisation. Vidéo. Intervention de David Khatile. Colloque international, juin 2018, Université des Antilles

Il n'existe aucun doute sur la filiation européenne et plus précisément française de la Haute-Taille, si l'on se réfère au genre musico-chorégraphique auquel celle-ci appartient, à savoir les contredanses et quadrilles du XVIIIe siècle. Pour autant, lorsqu'on pénètre sous le vernis de l'architecture de figures de cette danse, on mesure la teneur, la nature voire les enjeux du mélange et des apports non-européens au niveau du cadre des pas et de la musique.

 

Signature identitaire, individuation, continuité historique, du geste dansé et musical dans la haute-taille : Lucien Rosamond et le style perriolat. Vidéo. Intervention de David Khatile. "Signature performancielle et construction identitaire" : Journées d'études, les 24 - 25 mai 2011. Université des Antilles et de la Guyane

David Khatile, ethnomusicologue, nous présente un sujet intéressant sur une danse traditionnelle de la Martinique : la Haute-taille. Il nous propose également le portrait d'une grande figure de la haute-taille martiniquaise, Lucien Rosamond, passeur de patrimoine, commandeur tambourinaire et très grand danseur qui a crée le "style perriolat dans les années 1960-1970. Un virtuose qui a su transmettre sa passion pour la danse et la musique traditionnelle. Son allocution est est suivie par un débat avec le public.

 

Bokantaj avec le public autour du livre : "Dyablès"

Échange avec Timalo, né Thierry Malo, romancier, poète, slameur, auteur-compositeur, interprète créolophone, autour de son roman Dyablès, sur le thème "raconter nos vérités dans la fiction".

 

Ki manniè kréyol-la ka palé dèyè fwansé Zobel la Le créole, langue-muette du texte zobélien. Vidéo. Intervention de Raphaël Confiant.  "L'oeuvre de Joseph Zobel : portées, héritages et modernité" : Colloque international et pluridisciplinaire, les 14, 15 et 16 octobre 2015. Université des Antilles

Raphaël Confiant, professeur à l'Université des Antilles, présente sa communication en langue créole, une langue jeune qui n'a que trois siècles d'existence, qui a toujours été rejetée, méprisée, qu'il a fallu construire avec difficulté et qui n'est pas encore arrivée à un stade où elle peut embrasser tous les champs scientifiques. Le créole est, selon la formule de Raphaël Confiant, « la boîte noire de notre culture ». Raphaël Confiant analyse le rapport J. Zobel à la langue française, cette langue étrangère qu'il faut nativiser, il faut habiter le français de manière créole.

 

Déclamation par Joby Bernabé de « Matinoia » (poème de Jean Bernabé) et autres textes  "Tracées de Jean Bernabé" : Colloque international, le 25, 26 et 27 octobre 2017. Université des Antilles

 

La fonction libératoire du créole dans les systèmes éducatifs antillais et réunionnais. Fantasmes et réalités sociolinguistiques. Vidéo. Intervention de Lambert-Félix Prudent. "Éduquer en pays dominé ... (Afrique, Amérique, Caraïbe, Europe)" : 1ères journées des Lettres et de l'Histoire, les 20 et 21 février 2014. Université des Antilles et de la Guyane

M. Prudent nous présente une étude sur "La fonction libératoire du créole dans les systèmes éducatifs antillais et réunionnais. Fantasmes et réalités sociolinguistiques". L'aménagement du créole dans la scolarité. La fonction libératoire du créole dans les systèmes éducatifs antillais et réunionnais. Fantasmes et réalités sociolinguistiques. Vidéo. Intervention de Lambert-Félix Prudent,

 

Niches langagières et multilinguisme : introduction à une écolinguistique des aires créoles. Vidéo. Intervention de Jean Bernabé. "Regards croisés dans la Caraïbe": le 5 mars 2010. Université des Antilles et de la Guyane.

Après une analyse comparative du développement des créoles dans la Caraïbe selon la langue de colonisation, Jean Bernabé propose d'initier une approche écolinguistique de la réflexion sur les créoles à base lexicale française. Il interroge les questions liées à la créolisation à travers le concept de "géopoétique", la dialectique île/continent, l'histoire et la culture.

 

Ki divini ba kont kreyol la ? Matinik (Lanmanten) : simenn kont kreyol (2006). Texte d'une Intervention de R. Confiant présentant l'histoire des contes créoles et s'interrogeant sur la préservation de cette tradition de la culture créole.

 

Musiques et danses traditionnelles créoles dans le roman Atipa . Vidéo. Intervention de Marie-Françoise Pindard. Conférence : Dans le cadre l'année « Atipa, roman guyanais », 2017. 

"Atipa" premier roman en créole guyanais écrit en 1885. Pierre Félix Athénodore dit "Alfred Parépou" réalise dans son roman une chronique de la société créole en Guyane. A travers son ouvrage Parépou dénonce la réalité de l'assimilation, en faisant référence aux attitudes des nègres en général et des créoles en particulier, qui se prennent pour des blancs en se donnant pour nomme de leur identité la culture française et le rejet de la culture noire. Audacieux, Alfred Parépou décide, en 1885 d'écrire un livre entièrement en créole et quand tout au long de son ouvrage il ne cesse de répéter "le créole est notre langue"

 

 

  • Youtube. Mensonges et vérité. Documentaire de Christian Foret (2017), diffusé sur Martinique la 1ère. A propos du crash  d'un avion de la West Caribbean à Maracaibo, en août 2005, qui fit plus d'une centaine de victimes, en majorité issues de la Martinique.

 

(…) Barthéléry, dans cette pièce à l'humour corrosif, nous embarque au cœur d'un foyer martiniquais où mari et épouse réinventent, à leur corps défendant, les relations de couple, déconstruisent les traditions matrimoniales créoles (le sous-titre volontiers provocateur, «Sé pa fanm sel ki fò» est tout un programme).

 

 

Le roman Vini vann, la boutique de Manzèl Yvonne, écrit par Arlette Pujar, évoque la Martinique des années 60, quand la modernité n'était pas encore à nos portes.

 

  • Elibris - ouvrages en ligne (abonnés UA)

 

La voix égale / Lavwa égal (roman bilingue Français-Créole). Térèz Léotin. Ibis rouge, 2003

Comme dans un conte se mêlent d'abord autour d'une féroce partie de dominos des voix inégales, cacophoniques, radiophoniques, voix off, sonores boudeuses, déçues ou triomphantes...

 

  • OpenEdition - revues SHS (libre accès)

 

 Véronique Corinus. La nouvelle régionaliste créole et l’oscillation des modèles In : Littératures francophones : Parodies, pastiches, réécritures [en ligne]. Lyon : ENS Éditions, 2013

En transposant à l’écrit la matière orale, Thomarel semble bien vouloir prendre le relais du conteur antillais. Anticipant les préceptes de la créolité, il puise dans le répertoire traditionnel du maître de la parole créole deux contes-types dont il respecte fidèlement la trame narrative. Il fait ainsi du patrimoine oral un nouvel hypotexte, offrant à sa créativité des éléments natifs. Ce faisant, il se détourne pour un temps des modèles occidentaux dont il aime généralement à se prévaloir et adopte résolument un modèle narratologique local. Thomarel se distingue en cela du Martiniquais François Marbot qui a peu fait cas, dans ses Bambous10, de la matière orale antillaise, préférant travestir en créole les fables de La Fontaine.

 

Christine Chivallon, « Créolisation universelle ou singulière ? », L’Homme [En ligne], 207-208 | 2013, mis en ligne le 05 novembre 2015

Il suffit de se référer à la seule approche étymologique du terme pour comprendre que la créolisation ne se livre décidément pas dans la clarté consensuelle qu’on lui accorde autour de la thématique du métissage et de la rencontre des cultures. Dans les ouvrages les plus sérieux, on impute à la racine « créole », ici une origine espagnole , là portugaise , ou là encore kikongo. Et, si l’on croit pouvoir s’accorder pour voir dans les premiers emplois du terme la désignation des populations blanches nées dans les colonies du Nouveau Monde – participant à ce « dédoublement » des métropoles précurseur de l’imaginaire des Nations modernes si bien décrit par Benedict Anderson (1983) –, on accède très vite à de nouvelles confusions où il semble impossible de statuer sur l’application première du terme destiné à qualifier des groupes, soit blancs, soit noirs, soit métis...

 

Stéphanie Condon, « Pratiques et transmission des créoles antillais dans la “troisième île” », Espace populations sociétés, 2004/2

Depuis vingt ans, l’accroissement de la population antillaise s’est fait en grande partie en dehors des deux départements, par l’installation de milliers d’Antillais en Métropole au point qu’on peut parler d’une troisième île. Le dynamisme culturel des Antillais en Métropole, s’étend-il à la pratique du créole en milieu familial ? L’enquête Étude de l’histoire familiale (1999) offre l’occasion d’analyser la transmission des langues vers les enfants et d’explorer les différents modes de transmission selon la génération, le milieu social d’origine, le niveau de scolarisation, la forme familiale. Le rôle spécifique des femmes dans la transmission est exploré..

 

Georges Daniel Véronique, « Émergence des langues créoles et rapports de domination dans les situations créolophones », In Situ [En ligne], 20 | 2013,

Cette contribution retrace les étapes de l’émergence des créoles français. Elle aborde, ensuite, les rapports conflictuels qui se nouent entre les langues créoles et le français dans les départements d’outremer créolophones, dans l’histoire et en synchronie. L’article se termine sur le défi de la littéracie pour les langues créoles françaises.

 

Renauld Govain, « L’état des lieux du créole dans les établissements scolaires en Haïti », Contextes et didactiques [En ligne], 4 | 2014

Depuis la naissance de l’école haïtienne, au lendemain de l’indépendance du pays acquise le 1er janvier 1804, l’enseignement a toujours été fait exclusivement en français. Le créole n’a été pris en compte qu’avec la réforme de 1979. Ce que visait cette réforme, c’était en fait un bilinguisme équilibré créole/français. L’enseignement du créole à l’école est certes officiel, mais il n’est pas systématique et se limite au cycle fondamental.