Liens caribéens, peuples connectés hier et aujourd’hui

Expo à la BU Schoelcher à partir du vendredi 20 septembre

 

Du vendredi 20 septembre au vendredi 25 octobre, la BU du campus de Schoelcher ouvre ses espaces à l’exposition  Caribbean Ties. Liens caribéens, peuples connectés hier et aujourd’hui . Après la Guadeloupe, cette exposition itinérante, proposée par l’Université de Leiden (Pays-Bas), et destinée à circuler dans la Caraïbe, fait une halte en Martinique pour quelques semaines. Elle nous invite à explorer le rôle que les premiers occupants de la Caraïbe ont joué dans l'histoire mondiale et continuent de jouer aujourd'hui, selon une approche déclinée en quatre thématiques : Le paysage multiculturel / Voyages, migrattions et échanges / Changer les régimes alimentaires et les croyances / L'avenir du passé.

Auteur, en 2013, d'un chapitre d'ouvrage éclairant opportunément intitulé "Nos ancêtres les Amérindiens" - signalé ci-dessous-, l’archéologue Benoit Bérard, maître de conférences HDR à l’Université des Antilles, assure, en Martinique, la coordination scientifique de cette expo ; il nous en présente le contexte : « Toutes les communautés insulaires des Caraïbes partagent un patrimoine amérindien commun. Ce patrimoine a été transformé par les rencontres coloniales et est toujours présent dans la société et la culture caribéenne aujourd'hui. La recherche scientifique renforce l'importance de la Caraïbe pour l'histoire mondiale. L'archéologie et l'étude des pratiques culturelles contemporaines mettent en lumière les voix amérindiennes. Cet héritage est toujours très présent dans la vie caribéenne d'aujourd'hui. ». 

Outre les kakémonos de présentation (affiches suspendues) déployés dans le hall de la BU, les différents éléments d’exposition sont visibles dans la salle de lecture du rez-de-chaussée. Vendredi 20 septembre, à 17h30, Benoit Bérard introduira la séance d’inauguration par un propos de présentation ponctué d'échanges avec le public. Enfin, un magazine d’exposition, édité pour l’occasion, vous permettra de prolonger cette visite et d’en garder la trace. Cette initiative s'inscrit dans le cadre des Journées du patrimoine 2019.  

Entrée libre et gratuite, venez nombreux !

 

Sur le sujet

 

HAL - Archive ouverte du CNRS

Dans les Antilles françaises le patrimoine amérindien, certes moins spectaculaire que celui présent dans les Grandes Antilles, a toutefois fait l'objet depuis les années 1930 d'une exploitation poussée, exceptionnelle même à l'échelle de l'archipel. Cette volonté de se présenter à autrui sous les traits d'un ancêtre aujourd'hui invisible ou quasi-invisible - l'Amérindien -, non seulement dans le paysage mais aussi dans les caractéristiques de la population, ne peut que surprendre. Faut-il voir dans la précocité de ce phénomène une conséquence lointaine des liens privilégiés qu'entretenaient Français et Amérindiens durant la période de contact ?

OpenEditions - revues SHS en libre accès

Devenue plus centrale au cours des dernières années, la question des capacités de navigation des populations amérindiennes n’est pas nouvelle dans l’archéologie antillaise. Nous avons choisi de principalement concentrer nos efforts sur une approche expérimentale de ces techniques. Notre ambition était de mettre en place un programme d’expérimentation prenant en compte les différents aspects liés à la construction et à l’utilisation des kanawa.

L’aspect exceptionnel de la séquence précolombienne de Saint-Martin repose sur la longueur de sa chronologie et sur le fait que toutes les périodes de l’occupation humaine connue pour les Petites Antilles y sont précisément documentées par des investigations menées sur plus de seize gisements, dont douze conduites par l’auteur

En fait, l’archéologie guadeloupéenne est véritablement née durant la seconde moitié du xixe siècle. Mathieu Guesde puis son fils Louis rassemblèrent une importante collection d’objets lithiques précolombiens qui fut présentée à l’Exposition universelle à Paris, en 1867. Vers la même époque, les roches gravées de Trois-Rivières puis celles de Capesterre-Belle-Eau et de Baillif étaient décrites. Ces pétroglyphes du sud de la Basse-Terre firent l’objet d’études et de publications dans la première moitié du xxe siècle, notamment par Édouard Hamy (1903), Émile Merwart, Henri Froidevaux (1920), puis Louis Joseph Bouge. Jusque-là, il n’y avait eu aucune fouille connue dans l’archipel.

Cet article a pour objectif de présenter une synthèse sur les relations entre les Amérindiens et les animaux (alimentaires ou symboliques) au cours des grandes phases culturelles précolombiennes dans les Petites Antilles françaises, en fonction des principaux sites archéologiques ayant livré des restes de faune non coquilliers : mammifères, oiseaux, reptiles, amphibiens, poissons, crustacés et échinodermes.

Parmi le panel de ressources naturelles exploitées par les sociétés précolombiennes antillaises, les invertébrés marins et terrestres (essentiellement mollusques, crustacés et échinodermes) ont joué un rôle notable tant du point de vue de la subsistance que de celui des productions artisanales

Manioc - Bibliothèque numérique Caraïbe-Amazonie

  • Brard, René Le dernier Caraïbe, 1849. Roman. L'action se situe en Guadeloupe au XVIIème siècle pendant la période révolutionnaire et le personnage principal est Tonga, descendant des Amérindiens. Le récit a lieu sur fond d'histoire de la Guadeloupe : luttes entre les français et les anglais, relations entre les communautés, marronnage.
  • Indiens et Kalinagos de Dominique. Podcast. Intervention de Vincent Huyghues-Belrose. Dans le cadre de la visite d'une délégation amérindienne de kalinagos de la Dominique à Schoelcher, site reconnu comme première implantation des amérindiens et premier site archéolologique de la période entre 800 après JC et 1200 après JC, l'historien Vincent Huyghues-Belrose nous raconte l'histoire des kalinagos de la Dominique (histoire, déportation, langue, colonisation). 
  • Les Caraïbes de Petites Antilles : des monstres avides de dévorer de la chair humaine. Vidéo. Intervention de Benoît Bérard. Les Caraïbes des Petites Antilles rentrent dans l'histoire dans le cadre du premier voyage de Christophe Colomb qui les présente comme des hommes à tête de chien mangeurs d'hommes. Il inaugure en cela une tradition historiographique qui marquera durant plusieurs siècles les Kalinagos du sceau de la monstruosité. L'objectif de la mini-conférence sera de déconstruire ce mythe colonial ayant permis de justifier l'entreprise coloniale.

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